Routes de la soie, Afrique et géopolitique

Wei Jianguo 魏建国, ancien vice-ministre du Commerce, actuellement vice-président d’un laboratoire d’idées chinois (CCIEE[1]), a une vision assez différente de Ou Xiaoli de la stratégie des nouvelles routes de la soie dans ses rapports à l’Afrique.

Nous avons vu que Ou Xiaoli de la Commission du développement et de la réforme avait une vision économique des nouvelles routes de la soie et les concevait comme le cadre permettant à des entreprises chinoises à capitaux de sortir 走出去de Chine. Son analyse l’amenait pour l’heure à exclure l’Afrique comme destination pour ces entreprises.

En revanche Wei Jianguo en a une vision beaucoup plus géopolitique qui bouscule l'approche de Ou Xiaoli. Il considère que la stratégie des nouvelles routes de la soie (qu’il qualifie tantôt d’« initiative marquante », d’« initiative internationale ») est la forme que revêt la troisième vague de réformes chinoises allant toujours dans le sens d’une plus grande internationalisation de la Chine après celles lancées en 1978 (ouverture initiale) et en 2001 (entrée à l’OMC). Or, il constate que le monde est actuellement dominé par l’unilatéralisme 单边主义 de l’Amérique de Trump et le protectionnisme 保护主义 de l’Union européenne – à laquelle il s’en prend assez violemment dans un autre texte disponible en anglais . Dans ce contexte, la Chine n’aurait d’autre choix que de s’allier avec l’Afrique, partant d’apparier l’initiative des nouvelles routes de la soie et l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Ce faisant, la Chine et l’Afrique s’uniraient et deviendraient plus puissantes 实现联合自强.

Lire à 魏建国, “一带一路” 开创中、非合作的新时代, 21世纪经济报, 2017年08月28日


[1] China Center for International Economic Exchanges 中国国际经济交流中心, http://www.cciee.org.cn/ .