Le MOFCOM et la question de la dette

商务部:中国将坚定不移支持非洲发展 包括提供资金 [MOFCOM: la Chine soutiendra sans relâche le développement de l'Afrique, y compris par les financements]
张勤 Zhang Qin
中国新闻网, 28 août 2018

Le principal argument de Qian Keming, vice-ministre du Commerce, est incontestable : le développement économique suppose de pouvoir accéder à des sources de financement. Si cette condition était suffisante, tous les pays seraient aujourd’hui développés, quel que soit par ailleurs l’égoïsme des institutions et des pays qui assureraient ces financements. De même, le développement suppose l’existence d’infrastructures (qui supposent les financements précédents), mais qui également ne sont pas des conditions suffisantes. Encore faut-il que ces financements et les infrastructures qu’ils permettent  puissent créer les modalités du remboursement des prêts. Or la réponse de Qian Keming est de dire que la (légère) remontée des cours des matières premières devrait permettre de rembourser les dettes. Bref, « Passez, il n'y a rien à voir » ? Non ! Djibouti, l'un des pays africains le plus endetté, doit certainement être très heureux d'apprendre que l"élévation des cours de ses matières premières (le roc, le sable et le sel comme le remarquait Haroun Tazieff) est suffisante pour lui permettre de rembourser ses dettes à la Chine. Ce dont les pays africains ont besoin n’est pas d’exporter leurs matières premières pour rembourser leurs dettes, mais d’exploiter eux-mêmes leurs atouts (seraient-ce des matières premières) pour asseoir une stratégie d’industrialisation, partant de développement. Alors oui, les conditions de l’endettement des pays africains se posent même si le financeur est la Chine.

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