Minerais et métaux africains exportés à la Chine : le CUIVRE

Minerais et métaux africains exportés à la Chine : le CUIVRE
Thierry Pairault

Selon les données de la CNUCED, l'Afrique en 2018 a exporté (en valeur) dix fois plus de cuivre affiné que de minerais de cuivre (voir tableau 1 dans lequel les valeurs supérieures à 10% sont sur fond rouge clair). En d’autres termes, les pays exportateurs de minerais de cuivre jouent un rôle marginal dans l’approvisionnement de la Chine même si ces exportations marquent à l’heure actuelle une forte dépendance de ce secteur pour ces pays : la Chine est le seul client de la Mauritanie et de l’Érythrée qui lui fournissent respectivement 43,2% et 30,3% des exportations africaines de minerais de cuivre. Le Congo-Kinshasa contribue également de manière importante (13,9%) à ces exportations mais sa dépendance  à la Chine en ce domaine n’est que de 3,0% ; de surcroît ses exportations récentes sont plus le résultat d’une régulière pénurie d’électricité que le celui d’un sous-équipement industriel pour l’affinage (voir Cuivre et cobalt: la RDC se résout à exporter des produits non-finis). Pour d’autres pays africains comme le Kenya, le Mozambique, la faiblesse actuelle des ressources en minerais de cuivre ne justifie pas ce type.

En 2018, Les exportations de cuivre affiné à destination de la Chine sont principalement le fait de quatre pays qui en génèrent 97,5%. La Zambie à elle seule contribue pour 58,8%, le Congo-Kinshasa pour 17.8%, la Namibie pour 12,0% et l'Afrique du Sud pour 8.8%. Ces quatre pays sont extrêmement tributaires de la Chine dépendants : La Chine est le premier client de la Zambie, de la Namibie et de l'Afrique du Sud, mais n’est que le quatrième client du Congo-Kinshasa derrière les Émirats arabes unis, la Corée du Sud et l’Arabie saoudite qui constituent 60,2% des exportations africaines de cuivre[1].

Tableau 1. — Exportations africaines à la Chine de minerais de cuivre et de cuivre (CTCI 283 + 682)
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Les tableaux 2, 3 et 4 montrent les approvisionnements en minerais de cuivre et en cuivre affiné vus de Chine[1]. Les importations chinoises de ces produits ont été constituées en 2018 à 45,5% par des minerais bruts à 55.5% par des produits affinés. Les deux premiers fournisseurs de la Chine sont le Chili et le Pérou avec respectivement 29,6% et 14,1% des importations de ces produits. Le Chili est à la fois le premier fournisseur de produit brut et de produit affiné tandis que le Pérou tombe de la deuxième à la dixième place pour le cuivre affiné. La Zambie qui arrive à la troisième place dans le classement général (33e place pour le minerai et 2e place pour le cuivre affiné) réalise un chiffre d’affaires total du tiers de celui du Pérou, mais légèrement supérieur à celui de l’Australie (Zambie et Australie assurent respectivement 5,4% et 4,5% des importations chinoises de minerais de cuivre et de cuivre affiné).

En d’autres termes, en ce qui concerne le cuivre, les pays africains apparaissent comme des fournisseurs secondaires, alternatifs pour l’économie chinoise, tandis que la clientèle de la Chine peut se révéler vitale pour ces secteurs et les pays africains eux-mêmes en l’absence d’une plus grande diversification des débouchés.

Tableau 2. — Importations chinoises de minerai de cuivre
et de cuivre (CTCI 283 + 682) en 2018

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 Tableau 3. — Importations chinoises de minerais de cuivre
CTCI 283) en 2018

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 Tableau 4. — Importations chinoises de cuivre
(CTCI 
682) en 2018
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Voir aussi :


Notes :

[1] Les données de la CNUCED étant manquantes pour le Congo-Kinshasa en 2018, nous avons procédé à une estimation reprenant la tendance de ces dix dernières années.

[2] Rappelons que les données d’échanges entre partenaires que propose la CNUCED donnent des informations sur la structure harmonisée de ces échanges (matrice des échanges) et non sur le montant exact de ces échanges. Aussi, les chiffres indiqués en millier de dollars ne sont là que pour permettre des calculs de proportion. Par suite, il n’y a aucune raison dans ces matrices que le montant énoncé des exportations du pays A vers le pays B soit égal à celui des importations du pays B en provenance du pays A.