La Banque mondiale exclut 810 entreprises chinoises

La Banque mondiale exclut 810 entreprises chinoises
Thierry Pairault

Au cours des huit premiers mois de 2019, la Banque mondiale a exclu 810 entreprises chinoises du droit à soumissionner à ses appels d’offres selon les informations qu’elle publie sur son site à cette adresse . Ce sont donc 86% des 945 exclusions prononcées depuis le début de l’année. Plusieurs choses frappent à la lecture de ces annonces :

  • La Banque mondiale a très spécifiquement entrepris de viser le groupe CRCC (China Railway Construction Corporation 中国铁建)[*], car elle a pris soin d’énumérer et de sanctionner une par une toutes ou quasiment toutes ses filiales qu’elles soient enregistrées en Chine, à Hong Kong ou dans n’importe quels autres pays dans le monde, soit en tout 754 entreprises d’un même groupe sous la tutelle directe du gouvernement chinois. Ces entreprises sont non seulement identifiées par leur nom en anglais, mais encore le plus souvent aussi en chinois.
  • Deux autres groupes sont particulièrement visés par la Banque mondiale, c’est d’une part 21 entreprises du groupe SieYuan Electric 思源电气et d’autre part 13 entreprises du groupe Dongfang Electronics 东方电子qui sont exclues. Le premier groupe qui est spécialisé dans la fabrication d’équipements électriques a été créé en 1993 à Shanghai. Son statut exact n’est pas clair, le site de l’entreprise indique qu’il a été créé à l’Université des Communications tandis que l’encyclopédie Baidu suggère une entreprise privée fondée par trois personnes. Le second groupe qui est spécialisé dans la fabrication d’équipements électroniques a été originellement créé en 1958 à Yantai dans la province du Shandong, c’est un groupe public sous tutelle locale.
  • Fondamentalement, la Banque mondiale s’est surtout contentée de donner un avertissement, car 734 exclusions (soit 91% des 810 exclusions chinoises) ne sont prononcées que pour neuf mois. 69 entreprises sont suspendues pour une durée de douze à quinze mois ; seules sept entreprises sont suspendues pour une durée supérieure à un an et demi, mais de moins de 5 ans. Rien donc qui soit comparable à la sanction subie par les entreprises indiennes du groupe Tatva qui ont été suspendues jusqu’au 31 décembre 2999.

 

NB Je remercie Christian Bret qui m’a mis sur la piste de cette information.


Note
[*] Sur la CRCC, lire sur ce site Le consortium CITIC-CRCC et l’autoroute Est-Ouest