Asymétries afro-chinoises

Asymétries afro-chinoises
Thierry Pairault

La première asymétrie est bien entendu de toujours parler des relations sino-africaines [China First / 以中国为主] plutôt que des relations afro-chinoises [Africa First / 以非洲为主]. Mais, maintenant, nous évoquerons quelques asymétries économiques.

Alors que le continent africain et la Chine recensent un nombre à peu près identique d’habitants (respectivement 1,3 et 1,4 milliard), leur poids économique sur la planète diffère considérablement selon les données statistiques relatives à 2020 :

  • Le PIB de l'Afrique représente 2,9% du PIB planétaire contre 17,4% pour la Chine ; aussi leurs PIB par habitant sont respectivement de 17% et de 94% de la moyenne mondiale.
  • Le volume des échanges commerciaux (exportations plus importations) de l'Afrique représente 2,5% du volume mondial de ces échanges et 2,8% du volume total des échanges de la Chine dans le monde. MAIS, dans le même temps, le volume des échanges de l'Afrique avec la Chine représente 19,0% du volume total des échanges de l'Afrique.
  • Le total des flux d’investissement direct en Afrique représenterait 4,0% des flux d’IDE mondiaux, mais les flux ne représenteraient que 2,7% du total des flux d’IDE chinois dans le monde. Toutefois, cette implication chinoise est cruciale pour le continent africain dans la mesure où les investissements étrangers participent pour plus de 8% à la formation brute de capital fixe africaine (comparé à la moyenne mondiale de 7% et à la moyenne chinoise de 2%).

Ce bref bilan établi à partir des données publiées par la CNUCED, le Bureau national [chinois] des statistiques et le ministère [chinois] du Commerce montre la profonde asymétrie existant dans les relations afro-chinoises et suggère l’importance cardinale pour l'Afrique de ses relations économiques avec la Chine et confirme, inversement, la bien moindre importance économique du continent africain pour la Chine.

Cette asymétrie se manifeste également à travers la dépendance de l'Afrique envers sa cliente (la Chine) comme débouché pour ses minerais et métaux sans que la Chine soit elle-même dépendante de l’Afrique pour ses approvisionnements en matières premières, voir sur ce site notre dossier Dépendance à la Chine et en particulier deux articles: