Entreprises chinoises investissant dans l'industrie manufacturière en Afrique

中国企业对非洲制造业投资路径研究 [Étude du parcours des entreprises chinoises investissant dans l'industrie manufacturière en Afrique]
蒲大可、郝睿 [Pu Dake et Hao Rui]
国际贸易 [Commerce international], 2020(3), p. 82-89

Il m’a paru intéressant de traduire[1] la seconde partie d’un article dans laquelle sont décrites les difficultés des entreprises – principalement privées – à pénétrer le marché africain. Les autres parties présentaient moins d’intérêt dans la mesure où elles faisaient un bilan de l’économie africaine et reprenaient une argumentation classique pour la promotion du commerce international.


Caractéristiques et problèmes du développement des investissements des entreprises chinoises dans l'industrie manufacturière

Caractéristiques du développement des investissements des entreprises chinoises dans l'industrie manufacturière en Afrique

Depuis le xxie siècle, les relations économiques et commerciales entre l'Afrique et les économies émergentes du monde entier sont devenues de plus en plus étroites, et les investissements des entreprises chinoises en Afrique ont également connu une croissance rapide. Selon le ministère [chinois] du Commerce, de 2003 à 2018, les flux d'investissement de la Chine en Afrique ont augmenté à un taux annuel moyen de plus de 45 %, avec, en 2018, un flux d'investissement de 5,39 milliards de dollars[2] et un stock d'investissement atteignant 46,1 milliards de dollars, ce qui en fait le quatrième investisseur en Afrique après les États-Unis, le Royaume-Uni et la France[3]. L'industrie manufacturière occupe une position importante dans les investissements des entreprises chinoises en Afrique. En 2018, le stock d'investissements chinois dans l'industrie manufacturière en Afrique s'est élevé à 5,97 milliards de dollars, représentant 13 % des investissements de la Chine en Afrique, ce qui est supérieur à la part de 9,3 % de l'industrie manufacturière dans l'ensemble des investissements sortants de la Chine au cours de la même période[4]. En 2019, les investissements de la Chine dans le secteur manufacturier africain ont connu une croissance significative de 172,8 %, représentant plus de 20 % du total, et le nombre d'entreprises investissant dans le secteur manufacturier a même dépassé tous les secteurs[5]. Outre leur croissance rapide, les investissements des entreprises chinoises dans le secteur manufacturier africain ont également montré quelques nouvelles caractéristiques, principalement reflétées dans les quatre aspects suivants :

  • D’abord, le domaine de l’investissement s’est étendu du textile et de l'habillement à l'ameublement, aux matériaux de construction, à l'automobile, à l'électroménager, aux produits pharmaceutiques, à la quincaillerie et à d'autres secteurs. Hisense[6], Midea[7], FAW[8], Chery[9], Brilliance[10] et autres marques indépendantes ont établi des usines d'assemblage ou des entreprises de pièces détachées pour les composants clés en Afrique du Sud, en Tanzanie, en Égypte et en Éthiopie, etc. En 2015, Humanwell a investi dans la construction de grandes lignes de production pour des solutions et du glucose en perfusion au Mali, devenant ainsi l'usine pharmaceutique moderne aux normes de construction les plus élevées en Afrique de l'Ouest[11]. En 2019, Le groupe Hengtong a officiellement mis en service un atelier de câbles haute tension dans la Aberdare Cables Company qu’il avait acquise, devenant ainsi le troisième fabricant en Afrique à pouvoir produire de tels câbles[12].
  • Puis, le motif de l'investissement a été de mettre un pied en Afrique pour explorer les marchés européens et américains à partir de l'Afrique. En investissant en Afrique, les entreprises manufacturières chinoises ont combiné leurs propres avantages en matière de capital et de technologie avec des facteurs relativement peu coûteux, tels que la terre et la main-d'œuvre africaines et ainsi accéder à de plus grands marchés à l'étranger. En 2018, la chaîne de production d’une capacité annuelle de 200 000 tonnes de fibre de verre dans laquelle le Groupe Jushi a investi en Égypte a été officiellement mise en service, ce fut la première chaîne de production pour la fibre de verre qui était exportée par l'industrie chinoise, comblant ainsi un vide dans toute la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord[13].
  • Ensuite, l'investissement est passé d’une domination des entreprises publiques à une coexistence entre d'entreprises publiques et privées. Les entreprises privées sont devenues la principale force d'investissement dans le secteur manufacturier en Afrique. Selon une enquête menée par le cabinet de conseil McKinsey en 2017, il y a désormais plus de 10 000 entreprises chinoises qui investissent et opèrent en Afrique[14], dont un tiers dans le secteur manufacturier, avec une prédominance des petites et moyennes entreprises privées. Ces entreprises sont flexibles dans leurs décisions commerciales et ont une grande sensibilité au marché, et certaines d'entre elles sont capables d'atteindre des niveaux élevés de rentabilité. Par exemple, au Kenya, on compte 396 entreprises chinoises, dont 80 % sont des entreprises privées et 44 % sont engagées dans le secteur manufacturier.
  • Enfin, le mode d'investissement s'est ouvert, passant de projets entièrement nouveaux à d'autres modes tels que les fusions et acquisitions, les prises de participation et les parcs industriels. Depuis que le ministère du Commerce a commencé à approuver en 2016 le premier lot de zones de coopération économique et commerciale à l'étranger (ZCECE)[15], les entreprises chinoises en ont construit un total de 25, incitant un grand nombre d'entreprises manufacturières chinoises à investir en Afrique, qui est devenue une plate-forme importante pour les entreprises chinoises pour « se jeter à l’eau ensemble » 抱团出海[16] et favoriser l'industrialisation de l’Afrique.

Problèmes rencontrés par les entreprises chinoises investissant dans l’industrie manufacturière en Afrique

Aujourd’hui, alors que la conjoncture mondiale connaît de profonds ajustements, la Chine et l'Afrique ont des intérêts communs accrus dans les domaines économique et commercial. Accroître leur investissement dans l'industrie manufacturière en Afrique répond aux besoins des entreprises chinoises qui visent les marchés étrangers, mais répond aussi au besoin urgent de l'Afrique de créer des emplois, d'attirer des capitaux et des technologies de production, d’où le bon accueil général des pays africains. En septembre 2018, le président Xi Jinping a annoncé lors du sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) à Pékin les « huit actions majeures » 八大行动[17], dont la première est « la promotion de l'industrie » qui incite clairement « les entreprises chinoises à accroître leurs investissements en Afrique et à y construire et améliorer un certain nombre de ZCECE ». Le renforcement de la coopération entre la Chine et l'Afrique en matière d'investissement dans le secteur manufacturier est une occasion historique qui offre de vastes perspectives. Cependant, dans le même temps, les investissements des entreprises chinoises dans l'industrie manufacturière africaine n'en sont encore qu'à un stade préliminaire, avec le phénomène « petit, dispersé et anarchique » 小、散、乱[18], et bien que l'échelle augmente rapidement, le saut qualitatif n’est pas encore atteint en particulier dans les quatre domaines suivants :

  • D’abord, les investissements dans les industries manufacturières en Afrique ne sont pas organisés de manière systématique et reposent trop sur l’initiative des entreprises. Un grand nombre de petites et moyennes entreprises privées s'en remettent souvent à des amis et des parents pour présenter leurs projets, comme les informations dont ils disposent ne sont pas suffisantes pour étayer leurs décisions d'investissement, leurs investissements manquent du sens de l'orientation et sont menés quelque peu à l’aveuglette. Des investissements inconsidérés peuvent facilement conduire à l'échec.
  • Puis, limitées par leurs propres intérêts à court terme, les entreprises manquent souvent de stratégies d'investissement à long terme et de planification industrielle, ce qui ne favorise pas la division du travail et la collaboration avec d'autres entreprises et conduit même à une homogénéité des produits[19], rendant plus difficile la réalisation à grande échelle de grappes industrielles ou de chaînes industrielles intégrées en amont, au milieu et en aval. Dans certaines industries à forte intensité de main-d'œuvre, les entreprises chinoises concurrencent les entreprises locales, accaparant les niches locales de développement industriel et provoquant le mécontentement des gouvernements et des populations locales.
  • Ensuite, le modèle d’investissement connaît des biais. De nombreuses entreprises considèrent que s’internationaliser[20] est un complément à leur activité en Chine, aussi certaines d’entre elles se concentrent encore sur la création de points de vente à l'étranger, adoptant souvent les règles du marché chinois, elles ne parviennent pas de ce fait à adapter leur mode opératoire aux exigences locales et ne cherchent qu’à faire de « l’argent rapidement » 赚快钱.
  • Enfin, une attention insuffisante est accordée à l’indigénisation de la gestion, les expériences commerciales à l'étranger et la capacité à affronter les risques font défaut. En raison de facteurs linguistiques et culturels, les entreprises chinoises sont généralement refermées sur elles-mêmes, notamment elles sont peu de communication avec les communautés et les populations locales, et manquent souvent d'une compréhension approfondie de l'environnement humain local et des politiques en matière de travail et d'investissements étrangers, ce qui peut facilement conduire à des malentendus et des conflits et entraîner des pertes financières

 


Notes

[1]     [NdT] Dans un premier temps, j’ai eu recours au traducteur en ligne DeepL dont la traduction a été plutôt honnête. Parfois, certaines phrases n’avaient pas beaucoup de sens, mais la responsabilité était souvent partagée avec le texte chinois ; parfois encore certains passages manquaient, étaient tronqués ou bien étaient répétés – la faute en revenant là entièrement au logiciel. J’ai donc révisé entièrement cette version initiale et ai tenté de la peaufiner.

[2]     [NdT] L’année 2018 correspond effectivement à un pic. Toutefois, les pics tout comme leur contraire (les abysses) sont toujours conjoncturels puisque les décisions d’investir ou de désinvestir ne suivent pas de rythme régulier. Seule la tendance compte, or, dans le cas de l'Afrique, depuis leur pic dix plus tôt en 2008, les investissements chinois en Afrique ont, sinon une propension à décroître, du moins à se maintenir à un faible niveau, tant et si bien que leur montant en 2019 marque une diminution de 50 % par rapport à l’année précédente. Néanmoins, leur montant se maintient à 2,0 % de l’investissement total chinois à l’étranger, car ce dernier a considérablement chuté (-5 %) en 2019.

[3]     [NdT] Si les pays sont rangés dans l’ordre croissant, c’est le bon ordre, mais avec une inexactitude : en 2018, selon Eurostat, l’ordre décroissant aurait été France, Chine, Royaume-Uni et États-Unis (voir Stock d'investissement direct en Afrique : Union européenne, France, Chine, Royaume-Uni, États-Unis à https://pairault.fr/sinaf/index.php/2119).

[4]     [NdT] Ici encore il convient de relativiser ces données. Pour reprendre les informations issues du Communiqué statistique sur les investissements chinois à l’étranger 中国对外直接投资统计公报 de 2020 (disponible à http://fec.mofcom.gov.cn/article/tjsj/tjgb/), le stock d’investissements chinois dans l’industrie manu­facturière en Afrique représente 5,5 % du stock total de l’investissement chinois à l’étranger dans ce secteur et 0,6 % de l’investissement total chinois à l’étranger tous secteurs confondus. Le stock d’investissements chinois dans ce secteur relativement au stock total est de 9,6 % dans l’Union européenne, 7,7 % dans les pays de l’ASEAN et 6,4 % aux États-Unis. À l’évidence, investir dans les industries manufacturières en Afrique est loin d’être une priorité chinoise.

[5]     [NdT] Ces chiffres sont étonnants. Non seulement le communiqué statistique officiel ne donne pas de chiffres relatifs aux flux d’investissement dans le secteur manufacturier, mais encore les chiffres dont on dispose montent une tendance inverse : le stock d’investissement dans ce secteur en Afrique est passé de 5,9 milliards de dollars en 2018 à 5,6 en 2019, soit une chute de près de 7 %. Pour permettre une croissance du flux telle que l’indiquent les auteurs, il aurait fallu un désinvestissement si massif qu’une explication aurait été indispensable ici.

[6]     [NdT] Hisense 海信 est une entreprise à capitaux publics créée en 1969 à Qingdao au Shandong ; elle est spécialisée dans l’électronique grand public.

[7]     [NdT] Midea 美的 est une entreprise à capitaux privés issue d’un atelier créé en 1968 à Foshan au Guangdong ; elle est spécialisée dans la production d’appareils électroménagers.

[8]     [NdT] FAW ou First Automotive Works 一汽 est une entreprise à capitaux publics créée en 1953 à Changchun au Jilin ; elle est aujourd’hui le troisième constructeur automobile en Chine.

[9]     [NdT] Chery 奇瑞 est une entreprise à capitaux publics créée en 1997 à Wuhu dans l’Anhui ; c’est un constructeur automobile.

[10]   [NdT] Brillance 华晨 est une entreprise à capitaux publics créée en 1993 à Shenyang au Liaoning ; c’est un constructeur automobile.

[11]   [NdT] Humanwell 人福医药集团 s’est installé au Mali en 2009 avant de s’installer en Éthiopie en 2016 ; son activité a fait l’objet de reportages dithyrambiques en Occident et en Afrique alors que l’autorisation d’investissement qui lui a été accordée par les autorités chinoises et les commentaires analystes chinois ne considèrent pas que l’adjectif « pharmaceutique » convienne pour décrire exactement son activité (voir nos analyses à https://pairault.fr/sinaf/index.php/1204 et https://pairault.fr/sinaf/index.php/1453).

[12]   [NdT] Hengtong 亨通 est issu d’une co-entreprise sino-japonaise créée en 1993 à Qidu dans le Jiangsu ; il est l’un des trois plus importants fabricants de câbles de haute tension dans le monde. Son histoire mériterait d’être racontée plus en détail, car Aberdare Cables était une entreprise leader dans son secteur depuis 75 ans et ayant trois sites de production. Il est vraisemblable qu’il s’est agi d’une opération de croissance externe par le rachat en 2016 d’une grande marque africaine.

[13]   [NdT] Le Groupe Jushi 巨石集团 est une filiale de China Jushi 中国巨石, elle-même sous le contrôle de la China National Building Material (CNBM) 中国建材, une grande entreprise publique sous la tutelle directe du gouvernement chinois. Le groupe s’est installé en 2012 en Égypte dans la zone de coopération économique et commerciale à l’étranger gérée par TEDA (le gérant de la ZES de Tientsin) (voir https://www.setc-zone.com/system/2021/06/15/030006669.shtml).

[14]   [NdT] Les autorités chinoises chiffrent en 2020 le nombre d’entreprises chinoises actives en Afrique entre trois et quatre mille. La différence avec le nombre énoncé par le rapport McKinsey en 2017 (10 000 entreprises chinoises en Afrique) résulte d’une confusion. Les entreprises recensées par les autorités chinoises sont des entreprises chinoises (ou leurs filiales) de droit chinois – donc enregistrées en Chine –, tandis que le rapport McKinsey inclut aussi des petites entreprises privées de droit local africain (donc juridiquement et statistiquement non chinoises) dirigées par des ressortissants chinois dont l’allégeance à Pékin peut être inversement proportionnelle à l’autonomie dont ils jouissent.

      Le rapport McKinsey : Irene Yuan Sun, Kartik Jayaram et Omid Kassiri, Dance of the lions and dragons: How are Africa and China engaging, and how will the partnership evolve?, McKinsey Global Institute, Washington, DC, juin 2017 https://www.mckinsey.com/~/media/mckinsey/featured%20insights/Middle%20East%20 and%20Africa/The%20closest%20look%20yet%20at%20Chinese%20economic%20engagement%20in%20Africa/Dance-of-the-lions-and-dragons.ashx.

      L’évaluation des autorités chinoises apparaît ici 王爽 [Wang Shuang], 百万中国人在非洲创业,中国企业如何在非洲赢得胜利 [De très nombreux Chinois créent des entreprises en Afrique, comment les entreprises chinoises peuvent-elles faire des profits ?], 中外管理 [Gestion chinoise et étrangère], 28 août 2020, https://finance.sina.com.cn/wm/2020-08-28/doc-iivhuipp1110849.shtml et dans 张宏明 王洪一 [Zhang Hongming et Wang Hongyi], 非洲发展报告.No.20(2017~2018):非洲形势:新情况、新特点和新趋势 [Rapport sur le développement de l'Afrique, n° 20 (2017-2018) – La situation africaine : nouvelles situations, nouvelles caractéristiques et nouvelles tendances], 北京 [Pékin], 中国社会科学院西亚非洲研究所 [Institut des études ouest-asiatiques et africaines de l’Académie des sciences sociales de Chine], 2018 (https://www.pairault.fr/sinaf/index.php/1413).

      Une étude qui conforte cette analyse est donnée par Jiajun Xu et al. Adjusting to Rising Costs in Chinese Light Manufacturing: What Opportunities for Developing Countries?, étude publiée par le programme Supporting Economic Transformation, décembre 2017, https://pairault.fr/sinaf/index.php/1202.

[15]   [NdT] voir Thierry Pairault, « Industrial Parks in Africa: Building Nests for the Chinese Phoenix »
in Nadège Rolland, (ed.), (In)roads and outposts Critical Infrastructure in China’s Africa Strategy, NBR Special Report #98, mai 2022, p. 75-88, https://pairault.fr/sinaf/doc/nbr98.pdf#page=83.

[16]   [NdT] Littéralement « se jeter ensemble dans la mer des affaires ». L’expression apparaît dans une directive du gouvernement chinois publiée le 16 mai 2015 qui « incite les entreprises chinoises à ‘s’internationaliser’ en se regroupant et en créant des clusters引导国内企业抱团出海、集群式“走出去”. Le mot d’ordre sera quelques jours plus tard repris par le Premier ministre Li Keqiang lors d’une visite au Pérou. L’expression « se regrouper » pour s’internationaliser » 抱团出海 pourrait, nous dit-on, émuler le modèle japonais des grandes compagnies de commerce 商社 qui, au xixe siècle, aurait incité à « se regrouper pour se lancer dans la mer des affaires » 抱团下海. Entre les deux formules, seul le troisième caractère change.

      Pour la directive : 国务院关于推进国际产能和装备制造合作的指导意见 [Observations générales du gouvernement sur la promotion de la coopération internationale en matière de capacité de production et de fabrication d'équipements]. http://www.gov.cn/zhengce/content/2015-05/16/content_9771.htm.

      Sur le modèle japonais :  吕雅、杨燕 [Lü Ya et Yang Yan], 无孔不入的综合商社 [Des compagnies générales de commerce omniprésentes], 商业观察 [L’Observateur des affaires], 2019(11), p. 12-15 [repris sur Sohu à https://www.sohu.com/a/357782218_120250211].

[17]   [NdT] À savoir, « promotion de l'industrie, connectivité des installations, facilitation du commerce, développement vert, renforcement des capacités, santé, échanges humains, paix et sécurité », http://www.mofcom.gov.cn/article/ae/ai/201809/20180902788421.shtml.

[18]   [NdT] Il y a ici le détournement d’un slogan qui se lit en entier « petit, dispersé, anarchique et polluant » 小散乱污. Ce slogan, qui est sans doute d’abord apparu dans la ville de Canton en 2015-2016, signale la mise en place d’une politique écologique visant en priorité les petites entreprises privées polluantes, ces mêmes entreprises qui pourraient désormais polluer plus allègrement en Afrique qu’en Chine (voir le mémoire de master en gestion publique de l'Université Jiaotong du Sud-Ouest soutenu en 2017 par 冯 强 [Feng Qiang], 广州市“小散乱污”企业整治问题研究 [Étude sur la rectification des entreprises ‘petites, dispersées, anarchiques et polluantes’ à Canton], https://cdmd.cnki.com.cn/Article/CDMD-10613-1018825159.htm.

[19]   [NdT] L’une des conditions de la concurrence parfaite est l’homogénéité des produits (toutes les entreprises fabriquent des produits que les acheteurs jugent identiques et substituables). Si cela est a priori avantageux pour organiser la production, cela peut aussi aboutir une perversion de la concurrence comme cela est évoqué plus loin dans l'article.

[20]   [NdT] La traduction que nous donnons du mot d’ordre 走出去, « sortir du territoire ».