L'Afrique et les engagements des créanciers bilatéraux (1979-2020)

L'Afrique et les engagements des créanciers bilatéraux (1979-2020)
Thierry Pairault

La banque de données en ligne de la Banque mondiale permet de collecter des données relatives aux engagements des créanciers bilatéraux à l'égard des pays africains entre 1979 et 2020. Dans le jargon de la Banque mondiale, la somme de ces engagements bilatéraux est le montant total des prêts à long terme pour lesquels des contrats ont été signés au cours d’une année donnée et dont l'échéance est supérieure à un an.

Nous avons extrait ces données et calculé pour chaque année le montant total de ces engagements en dollars à prix constant de 2015 pour en garantir la comparabilité à travers le temps. Ensuite, pour chaque pays créancier, nous avons calculé dans un premier temps, le montant total de ses engagements de 1979 et 2020, puis dans un deuxième temps le montant total de 2001 à 2020. Nous avons retenu les seize premiers pays créanciers représentant 95 % des engagements de ces périodes. L’élément le plus spectaculaire -même sil était attendu – est à l’évidence l’importance acquise par la Chine dont le montant des engagements passe de 3 % durant la première période à 42 % au cours de la seconde. Très intéressant est le rôle joué par la France qui, au premier rang des créanciers par ses engagements (19 % du total) au cours de la première période, chute au second rang au cours de la seconde (12 % du total) en conservant un même niveau d’engagement soit environ 30 % des engagements de la Chine). Beaucoup plus impressionnant est l’effondrement des engagements des États-Unis ; au cours de la première période, leurs engagements les plaquaient au deuxième rang à quelques encablures de la France, mais au cours de la seconde période leur montant fait tomber les États-Unis au treizième rang. Ce qui manifeste sans doute le mieux l’évolution actuelle est le graphique représentant les gains et les pertes en classement des pays : tous les vieux pays développés ont perdu leur prédominance tandis que les économies émergentes grimpent très significativement dans le classement.