Investissement chinois, l'Afrique et les autres

Investissement chinois, l'Afrique et les autres
Thierry Pairault

Les données officielles publiées par le MOFCOM pour 2018 montrent une certaine répartition de l’investissement direct (IDE) chinois dans laquelle l’Asie joue un rôle hégémonique avec pratiquement les trois quarts (72,5%) des IDE chinois. Dans ce classement l’Amérique du Sud (latine et caraïbe) arrive au deuxième rang avec 10,2%. L’Union européenne et l’Amérique du Nord (Bermudes, Canada et États-Unis) arrivent ensuite presque à égalité (respectivement 6,2% et 6,1%), puis l'Afrique avec 3,8%, l’Océanie (dont l’Australie) avec 1,6%... Les pays européens hors de l’Union européenne ont subi un sévère désinvestissement suggérant que la stratégie des nouvelles routes de la soie marcherait peut-être moins glorieusement que proclamé. Les chiffres cumulés pour les années 2003 à 2018 montrent que la tendance générale ne diffère pas essentiellement de la conjoncture 2018 (tableau et graphe ci-après).

Le paysage change dès lors que l’on tient compte de la nature des destinations : les pays bénéficiaires jouent-ils le rôle de paradis fiscaux, bancaires ou judiciaires ? Certes, le montant cumulé des flux d’IDE montre que l’Asie conserve sa prééminence, mais qu’elle ne fait plus que se détacher légèrement de l’Amérique du Nord (respectivement 22,1% et 22,7%) ; l’Union européenne arrive au troisième rang (14,6%) talonnée par l’Afrique (12,1%) et l’Océanie (11,8%) ; l’Amérique du Sud (4,8%), les autres pays européens (4,4%) et le Moyen-Orient (3,5%) ferment la marche (tableau et graphe ci-après).

Dans un article antérieur (Hong Kong et l'investissement chinois en Afrique ), les données récoltées auprès des services statistiques de Hong Kong suggéraient que le passage par Hong Kong de capitaux chinois ne constituait pas une étape en vue d’un investissement productif ailleurs dans le monde, au contraire, elles montraient un round tripping (une sortie puis un retour vers la Chine) ainsi qu’une poursuite de l’évasion vers d’autres paradis fiscaux pour 95% des capitaux sortant de Hong Kong.


Télécharger les données ici : https://pairault.fr/sinaf/doc/IDE%202018.xlsx 

Pour télécharger le dernier communiqué : Communiqué statistique annuel sur les investissements chinois à l'étranger (2018)