Chine-Afrique : des chiffres qui donnent à réfléchir (1)

Des chiffres qui donnent à réfléchir (1)
Thierry Pairault


C’est quelques chiffres donnent un aperçu de la pression commerciale qui résulte des échanges commerciaux avec la Chine en particulier depuis le ralentissement de l’économie chinoise. Certes le déficit global résulte pour plus de la moitié des échanges entre les pays développés et la Chine mais il s’agit de pays riches puisque 14% de la population du globe se partagent près de 60% du PIB mondial. Le cas de l’Afrique est très différent avec 16% de la population se partageant 3% du PIB mondial. Et bien que le déficit commercial par tête de l’Afrique avec la Chine semble en valeur absolu très faible (55 dollars en 2014 et 78 dollars en 2015 soit une augmentation de plus de 40% en un an), il implique une ponction sur la richesse dont elle dispose (2,9% du PIB) qui est presque le triple de celle exercée en moyenne. Certes la situation peut considérablement différer d'un pays à l'autre, mais le déficit global reste.

Si à ce prélèvement en compensation de marchandises (36 milliards de dollars), on ajoute celui qui résulte du paiement des prestations de services (96 milliards de dollars), en 2014 (chiffre des prestations de services de 2015 non connus), ce sont 132 milliards de dollars de revenus que perçoit la Chine à l’occasion de ces échanges. Ce chiffre de 132 représente plus de 5% du PIB africain en 2014.

Ce chiffre est aussi à comparer au montant de l’investissement direct chinois en Afrique : 3,2 milliards de dollars en 2014. En ce sens le flux financier qui irait de l’Afrique à la Chine ne serait plus que de 129 milliards de dollars.

Ce chiffre est aussi à comparer aux 60 milliards de dollars de soutien financier promis par Xi Jinping en décembre 2015 aux entreprises chinoises qui voudraient investir et commercer en Afrique (voir 60 milliards... [1]  et 60 milliards... [2] ). Le risque n’est-il pas un renforcement du déséquilibre ?

La question qui se pose est donc de savoir si ces échanges commerciaux déficitaires et ces investissements minimes participent effectivement à l’industrialisation et au développement de l’Afrique. Dans l’affirmative, on pourra conclure qu’il s’agit d’avances sur revenus africains futurs, mais est-ce certain ?

 

La balance commerciale des partenaires de la Chine
Calculs à partir de données de la CNUCED et du MOFCOM

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